Mesurer l'impact carbone de prestations IT

ce que les ESN ne peuvent plus ignorer
Article

Pendant longtemps, la mesure des émissions carbone a semblé être l'affaire exclusive des grands donneurs d'ordre — les entreprises soumises au reporting CSRD, tenues de publier leur bilan GES selon les normes ESRS.

Les ESN, en tant que prestataires de services IT, pouvaient raisonnablement penser être à l'abri de cette contrainte directe. Ce temps est révolu.


Voici pourquoi — et comment en tirer parti.

Les arguments réglementaires et commerciaux — en trois parties

L'essentiel en bref

Pression réglementaire

La CSRD oblige les donneurs d'ordre à couvrir leurs émissions Scope 3 — les ESN sont directement concernées en tant que fournisseurs de services IT.

Levier commercial

Mesurer l'empreinte carbone de ses projets IT est un différenciateur concurrentiel encore peu exploité — et un outil de fidélisation client puissant.

Par où commencer

Cartographier ses typologies de prestations, instrumenter la collecte de données projet par projet, puis produire des livrables clients intégrables dans leur reporting CSRD.

Partie 1

Une pression réglementaire qui remonte jusqu'aux prestataires

La CSRD ne s'arrête pas aux donneurs d'ordre

La CSRD impose aux organisations concernées de couvrir les émissions de Scope 3, notamment celles de la catégorie 1 (achats de biens et services) et de la catégorie 11 (utilisation des produits et services vendus).

Les prestations informatiques — développement, infogérance, conseil en transformation numérique, intégration — représentent une part significative et croissante des achats indirects des grandes entreprises.

Leurs équipes RSE et achats se retournent donc vers leurs fournisseurs IT pour obtenir des données d'émissions fiables, traçables, et idéalement certifiées.

La conséquence est claire : une ESN qui ne sait pas mesurer l'empreinte carbone de ses livrables sera de plus en plus fréquemment exclue des panels fournisseurs ou pénalisée dans les appels d'offres.

Ce n'est plus une projection. C'est une réalité observable dans les consultations des grands comptes industriels, bancaires et publics depuis 2024.

Qu'en est-il de la révision de la directive Omnibus européenne ?

Le paquet « Omnibus » européen a restreint le champ d'application de la directive CSRD aux entreprises comptant plus de 1 000 salariés et réalisant un chiffre d'affaires supérieur à 450 millions d'euros.

Cela n'allège pas la pression qui pèse sur les prestataires informatiques; au contraire, elle se concentre sur les donneurs d'ordre les plus structurants pour les ESN — ceux dont les exigences contractuelles ont le plus de poids.

Le Scope 3 catégorie 1 (biens et services achetés) du  GHG Protocol oblige les entreprises soumises à la CSRD à comptabiliser les émissions générées par leurs fournisseurs — y compris les prestataires de services informatiques.

Les ESN entrent donc dans le périmètre de reporting de leurs clients.

Partie 2

Une opportunité commerciale que la plupart des ESN n'ont pas encore su exploiter

Transformez une contrainte en avantage concurrentiel

Au-delà de la mise en conformité, la mesure carbone des prestations IT ouvre un avantage concurrentiel réel — et pour l'instant encore accessible, car peu d'ESN l'ont structuré.

La demande des clients existe, mais elle reste encore fragmentée. Les directions RSE poussent, les directions Achats intègrent des critères ESG dans leurs grilles de scoring, et les DSI se voient assigner des objectifs de réduction d'empreinte numérique.

Ce que les clients recherchent réellement, c'est un partenaire capable de leur fournir une donnée projet par projet, directement exploitable dans leur propre reporting — pas seulement une déclaration générale sur la politique de développement durable de l'ESN.

Trois différenciateurs concrets

  • Un bilan carbone du projet en début de mission
  • Une trajectoire de réduction intégrée à la gouvernance du contrat
  • Un rapport d'impact certifié en fin de projet

C'est aussi un puissant outil de fidélisation. Dans un contexte où les clients cherchent à rationaliser leur panel de prestataires, l'ESN qui contribue activement aux objectifs CSRD de son client crée une dépendance positive  — difficile à remplacer par un concurrent qui n'aurait pas cette capacité.

Trois différenciateurs concrets

Une évaluation des émissions de carbone du projet en début de chaque mission · Une feuille de route pour la réduction des émissions intégrée à la gouvernance du contrat · Un rapport d'impact certifié remis en fin de projet

Partie 3

Par où commencer : une approche pragmatique en trois étapes

Pas besoin de construire une méthodologie carbone en partant de zéro

Des référentiels existent — le GHG Protocol, le Bilan Carbone® de l'ADEME — et des plateformes spécialisées permettent d'automatiser la collecte et le calcul des facteurs d'émission par type d'actif, de service ou d'infrastructure.

Voici les trois étapes clés :

Étape 1 - Cartographier ses catégories de prestations

Toutes les missions ne se mesurent pas de la même façon. Une prestation de régie sur site, un projet de développement cloud-native, une infogérance d'infrastructure physique - chaque catégorie a ses leviers d'émissions propres : matériel, énergie, mobilité, usage logiciel.

 

La première étape est de segmenter son catalogue de services pour identifier les bons périmètres de mesure.

Étape 2 - Instrumenter la collecte de données à l'échelle du projet

L'enjeu opérationnel : coment collecter les données nécessaires (consommation électrique, taux d'utilisation des équipements, hébergement, déplacements) sans alourdir la charge des chefs de projet ?

 

La réponse passe par l'intégration dans les outils existants — ITSM, CMDB, outils de gestion de projet — et par une plateforme capable d'agréger et de calculer automatiquement les facteurs d'émission.

Étape 3 - Produire des livrables clients valorisables

Un rapport carbone de projet n'a de valeur commerciale que s'il est lisible, certifiable et exportable dans les formats attendus par les équipes RSE des clients —iXBRL et rapports compatibles avec la directive CSRD.

 

L'objectif final : remettre à chaque client, en fin de mission, un document structuré qu'il peut intégrer directement dans son reporting Scope 3.

La mesure de l'impact carbone des prestations IT n'est plus un sujet RSE périphérique pour les ESN — c'est une condition croissante d'accès aux marchés, et un levier de différenciation encore sous-exploité.

Les ESN qui agissent dès maintenant construisent un avantage durable.

Celles qui attendent subiront la pression sans en tirer de bénéfice.

FAQ

Pas nécessairement de façon directe — sauf si elles dépassent les seuils fixés par la CSRD. Mais elles le sont indirectement : leurs clients assujettis doivent intégrer les émissions Scope 3 de leurs fournisseurs dans leur reporting, ce qui crée une obligation de facto de fournir des données carbone fiables — quel que soit le statut réglementaire du fournisseur lui-même.

Un bilan carbone de projet IT quantifie les émissions de gaz à effet de serre générées par une mission informatique spécifique — en tenant compte du matériel utilisé, de la consommation d'énergie, des déplacements et de l'hébergement. Il est conçu pour s'intégrer directement dans le reporting Scope 3 du client, dans des formats compatibles avec les exigences de la CSRD.

Les deux principaux référentiels sont le GHG Protocol  (portées 1, 2 et 3) et le Bilan Carbone® de l'ADEME. Pour une analyse plus fine spécifique au secteur informatique, le référentiel GR491 et les lignes directrices de GreenIT apportent une couverture détaillée des actifs numériques, des modes d'utilisation et des infrastructures.

Parce que leurs clients assujettis à la CSRD doivent inclure les émissions de leurs fournisseurs IT dans leur Scope 3. Une ESN incapable de fournir ces données risque d'être exclue des panels fournisseurs ou pénalisée dans les appels d'offres — une réalité observable dès 2024 dans les grands comptes industriels, bancaires et publics.

 

Le Scope 3 catégorie 1 correspond aux émissions liées aux achats de biens et services d'une entreprise. Pour un donneur d'ordre, les prestations IT externalisées à une ESN — développement, infogérance, conseil — entrent dans cette catégorie et doivent être comptabilisées dans son bilan GES.

En proposant des livrables concrets à chaque étape d'un projet : un bilan carbone en début de mission, une trajectoire de réduction intégrée à la gouvernance du contrat, et un certificat d'impact exportable en fin de mission. Ces éléments différencient l'ESN dans les appels d'offres et renforcent la fidélité des clients soumis aux obligations CSRD.

Oui. L'Omnibus recentre la CSRD sur les entreprises de plus de 1 000 salariés et 450 M€ de CA — ce sont précisément les donneurs d'ordre les plus importants pour les ESN. Leurs exigences contractuelles en matière de données carbone fournisseurs restent donc entières.

La plupart des prestataires informatiques ne sont pas encore prêts

ET VOUS ?

 

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