Comment évaluer l'impact environnemental de votre SI
Mesurer l'empreinte carbone d'un système d'information (SI) dans une grande organisation est souvent perçu comme un projet complexe, coûteux et chronophage.
Les équipes IT craignent de mobiliser trop de ressources, de devoir collecter des données dans des dizaines de pays, ou tout simplement de ne pas savoir par où commencer, ou simplement d'ajouter une nouvelle tâche à un calendrier déjà surchargé.
Dans cet article
Pourtant, il existe une voie pragmatique. Chez Verdikt, nous avons développé une approche progressive et éprouvée, que nous appliquons auprès de grands groupes industriels internationaux.
Elle repose sur trois étapes clés.
Du projet pilote à la mise à l'échelle : notre approche en trois étapes
L'essentiel en bref
Commencer petit
Menez un projet pilote à échelle réduite en utilisant les données disponibles, plutôt que d'essayer de tout mesurer d'un seul coup.
Détailler pour agir
Structurez la mesure par domaine IT (environnement de travail, infrastructure, cloud, applications, fournisseurs) afin d'identifier des leviers concrets pour le changement.
Industrialiser
Déployer cette approche dans tous les pays et toutes les entités une fois qu'elle aura été validée, en s'appuyant sur une plateforme dédiée.
Étape 1
Commencer petit
Ne cherchez pas à tout mesurer d'emblée
Le premier réflexe est souvent de vouloir un bilan exhaustif. C'est compréhensible, mais c'est la meilleure façon de bloquer le projet avant même qu'il démarre. Un périmètre trop large dès le départ génère des besoins en données impossibles à satisfaire rapidement, et décourage les équipes IT qui ont d'autres priorités.
Notre conseil
Définissez un périmètre limité, appuyez-vous uniquement sur les données déjà disponibles, et lancez un pilote court. L'objectif n'est pas la perfection — c'est de valider la méthode et de créer une première preuve de valeur en interne.
Un pilote SI environnemental consiste à mesurer l'empreinte carbone d'un sous-ensemble du SI (une région, un domaine, une entité) afin de valider la méthode et les sources de données avant un déploiement plus large.
Étape 2
Détailler pour agir
Un chiffre global ne suffit pas à déclencher l'action
Annoncer "notre SI émet X tonnes de CO₂ par an" n'indique à personne quoi faire concrètement. Pour engager une transformation réelle, il faut une granularité suffisante pour identifier où agir, pourquoi, et comment — tout en fournissant une vue synthétique au COMEX.
Notre conseil
Évaluation de la structure par domaine informatique. Chaque domaine met en évidence des leviers d'action spécifiques et peut être pris en charge par une équipe dédiée.
Lieu de travail
Appareils, périphériques, téléphonie
Infrastructures
Centres de données, réseau, stockage
Cloud
IaaS, PaaS, SaaS
Applications
ERP, SIRH, logiciels de gestion d'entreprise
Fournisseurs
Achats informatiques, chaîne de valeur
Micro pour agir. Macro pour piloter.
Les équipes terrain ont besoin de leviers précis. Le COMEX a besoin d'une vue consolidée pour piloter la stratégie RSE. Une bonne approche fournit les deux niveaux de lecture simultanément.
Étape 3
Industrialiser
Attendez que la mécanique soit prête avant de passer à l'échelle
Une fois que le projet pilote a fait ses preuves et que la méthodologie est bien établie, le déploiement à l'échelle internationale devient simple, sans imposer de charge supplémentaire significative aux équipes IT.
C'est seulement à ce moment qu'il faut passer d'un tableur à une plateforme dédiée : la volumétrie des données, la multiplicité des entités et les exigences de reporting réglementaire (CSRD, bilan GES) rendent Excel structurellement insuffisant pour une transformation durable.
Notre conseil
Ne cherchez pas l'outil parfait avant d'avoir validé votre approche. Faites l'inverse : validez la méthode sur un périmètre restreint, puis choisissez vos outils en fonction de ce que vous avez appris.
L'itération n'est pas un signe de tâtonnement. C'est le design même d'une démarche robuste et durable.
FAQ
L'empreinte environnementale d'un système d'information désigne l'ensemble des impacts générés par les équipements numériques, les infrastructures, les logiciels et les usages associés — principalement mesurés en émissions de gaz à effet de serre (CO₂eq), mais aussi en consommation d'eau et en épuisement des ressources abiotiques.
Les principaux référentiels internationaux sont le GHG Protocol (émissions de scope 1, 2 et 3), la norme ISO 14001 et les normes européennes de reporting en matière de développement durable (ESRS) de la CSRD. En France, le référentiel GR491 (anciennement NR) et les recommandations de l'ADEME sont également largement utilisés.
Indirectement, oui. La CSRD impose de rendre compte des impacts environnementaux liés aux activités numériques dans le cadre de l'ESRS. Les technologies de l'information étant au cœur de la plupart des activités commerciales, elles sont de plus en plus souvent incluses dans le champ d'application des obligations de reporting, notamment en ce qui concerne les émissions de scope 3 en amont et en aval.
Un projet pilote bien défini dure généralement entre 4 et 8 semaines. Il comprend la collecte des données disponibles, la modélisation initiale et la validation des résultats avec les équipes IT et celles chargées du développement durable.
Dans la majorité des grandes organisations, le workplace (fabrication et usage des terminaux) représente la part la plus importante — souvent entre 40 % et 60 % des émissions totales du SI. La part du cloud et de l'infrastructure est en forte progression avec la migration vers les services numériques.
Le seuil critique se situe généralement autour de 5 à 10 entités ou pays à consolider, ou dès lors que des obligations de reporting réglementaire (CSRD, décret tertiaire, bilan GES) imposent une traçabilité et une auditabilité que les tableurs ne permettent pas.
Témoignage client
Dans ce webinaire, Arkema, Wavestone et Verdikt partagent ce qu’ils ont réussi à faire en 6 mois : mesurer et transformer la performance RSE d'un SI à l’échelle mondiale.